L’illustration de couverture est certes attirante mais j’ai du mal à la rattacher au roman. Et encore une fois je voudrais dénoncer ces textes de quatrième de couverture qui, au lieu de vous donner envie de lire, vous disent ce que vous devez lire.

Ici par exemple le livre s’ouvre sur l’audition en usine de La marche funèbre de Chopin mais nous, lecteurs, nous n’apprendrons que bien plus loin qui est mort…or nous le savons déjà puisque la quatrième de couverture nous l’a dit… Alors que le roman n’indique aucune date, comme s’il se déroulait n’importe quand – même peut-être aujourd’hui -, et nous plaçait dans une ambiance plus que dans une époque. Dernière remarque : pourquoi ne pas avoir traduit le mot en caractères cyrilliques en exergue de la page 9 ?

Donc conseil de lecture : entrez directement dans ce roman et laissez-vous porter. C’est dense et fort.

Nous sommes en Sibérie dans un immeuble communautaire et nous allons suivre quatre femmes – Varvara mère de Maria, la mère de Ianka mère de la petite Krochka – avant le concert que doit donner Ianka si elle parvient à retrouver une guitare ainsi que Matvei Aleksandrovitch qui semble veiller à l’orthodoxie du comportement de chacun. Ianka ne sait qui de ses deux amis d’enfance est le père de Korchka, elle travaille en usine chante et écrit des chansons, ses amis sont à l’université. Ainsi se mêlent vieux et jeunes, travailleurs et étudiants en une suite de portraits et d’anecdotes qui, je crois, vous feront effectivement penser à Tchekhov ou à Tourgueniev, si vous les avez lus. Et vous devrez constater que si les temps changent il reste en permanence un fond d’âme humaine…

Citation (longue) : « Vous savez Matveï Aleksandrovitch, ce n’est pas que je sois malheureuse. C’est juste que je ne suis pas heureuse. En même temps, bien sûr, je me demande si je l’ai jamais été – heureuse, je veux dire, ou si j’ai toujours simplement cru être heureuse alors que je ne l’étais pas, parce que je ne connaissais pas le sentiment du vrai bonheur ou que j’avais pris ce sentiment pour un autre, vous comprenez ? ».

Bonne lecture lente pour savourer.

La petite musique du futur
Auteure : Katerina Poladjan
Editeur : Rivages

www.payot-rivages.net

La petite musique du futur
4.0Note Finale

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.